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Lettre de Junia Barreau au Président de la CARICOM 

Dans une lettre adressée au premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, également président de la CARICOM, Dr Ralph Gonsalves, la citoyenne haïtienne Junia Barreau, a demandé à la Communauté des Caraïbes de «ne pas se laisser détourner de sa première ligne droite de combat réclamant l’annulation immédiate de l’arrêt du Tribunal Constitutionnel dominicain» rendant apatrides des milliers de Dominicains/Dominicaines d’origine haïtienne.

Mme Barreau a fait remarquer que ‘’l’autorité et la justesse de la position de la CARICOM se sont révélées un appui incontournable à la préservation des droits de tous les citoyens/citoyennes dominicains frappés par cet arrêt xénophobe’’.

Elle en a profité pour remercier le premier ministre Gonsalves d’avoir exigé de l’ONU réparation et excuses au peuple haïtien pour l’introduction de la bactérie Vibrio cholerae en Haïti, lors de l’Assemblée générale des Nations-Unies en septembre 2013.

Ci-joint l’intégralité de la correspondance dont une copie a été acheminée au GARR :

Honorable Dr Gonsalves,
Je salue votre détermination à défendre le droit et la justice. Je ne cesserai de vous remercier d’avoir exigé de l’ONU réparation et excuses au peuple haïtien pour l’introduction de la bactérie Vibrio cholerae en Haïti, lors de l’Assemblée générale des Nations-Unies en septembre 2013. Vous étiez le seul à prendre publiquement fait et cause pour les victimes haïtiennes du choléra à cette assemblée.
Nombre d’Haïtiens, particulièrement de la diaspora à travers le monde, se réjouissent de l’implication de la CARICOM, en particulier de Saint-Vincent et les Grenadines, dans le dossier de dénationalisation des Dominicains d’ascendance haïtienne suite à l’arrêt 168-13 du Tribunal constitutionnel dominicain. L’autorité et la justesse de la position de la CARICOM se sont révélées un appui incontournable à la préservation des droits de tous les citoyens dominicains affectés par cet arrêt xénophobe.
Suite à la 25e réunion intersessionnelle de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté caribéenne (CARICOM) du 10 mars 2014 à Saint-Vincent et les Grenadines, différents médias rapportent la “position officielle” de la CARICOM qui conditionnerait sa participation aux prochaines négociations bilatérales entre la République d’Haïti et la République dominicaine à l’adoption par la République dominicaine d’une “loi de naturalisation”.
À titre d’illustration, voici les liens de deux articles parus dans la presse dominicaine :
1- http://hoy.com.do/caricom-dice-no-volvera-a-encuentros-rd-haiti-hasta-que-danilo-no-presente-proyecto-de-naturalizacion/
2- http://www.elcaribe.com.do/2014/03/13/presiones-internas-externas-sobre-medina-por-ley-naturalizacion
Je me permets de signaler à l’attention de l’Honorable Dr Gonsalves une importante analyse de Monsieur Roberto Alvarez réfutant toute “loi de naturalisation” qui ne saurait résoudre le conflit créé par l’arrêt 168-13. Mr Alvarez réclame en lieu et place une loi qui rétablira [ou garantira] la citoyenneté dominicaine de tous les citoyens affectés par cet arrêt et qui sont nés entre 1929 et 201; ce qui induit l’annulation de l’effet rétroactif de cet arrêt. Je prends la liberté de copier le lien vers cette intéressante analyse et de joindre la traduction française à la fin de ce message.
À remarquer que les Dominicains d’ascendance étrangère se sont également prononcés contre toute “loi de naturalisation” qui ne ferait que confirmer le statut de citoyen de seconde zone auquel on cherche à les réduire.
Toute pression internationale contre l’arrêt 168-13 de la cour constitutionnelle dominicaine devrait tenir compte des attentes des premiers concernés, c’est-à-dire les Dominicains d’ascendance étrangère, majoritairement d’ascendance haïtienne, affectés par cette décision.
Il est primordial que la CARICOM ne se laisse pas détourner de sa première ligne de combat, c’est-à-dire, l’annulation immédiate de la rétroactivité de la décision 168-13 du Tribunal constitutionnel dominicain.
Certaine que ma lettre trouvera un accueil attentif, je vous prie de croire, Honorable Dr Gonsalves, en ma profonde gratitude.

Junia Barreau
Citoyenne haïtienne

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