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Décès de l’Ambassadeur Rodolfo MATTAROLLO 

Bureau de la Ministre Déléguée auprès du Premier Ministre
Chargée des Droits Humains et de la Lutte Contre la Pauvreté Extrême

Communiqué

Le Bureau de la Ministre Déléguée auprès du Premier Ministre, Chargé des Droits Humains et de la Lutte contre la Pauvreté Extrême a appris avec consternation le décès du diplomate argentin Rodolfo Mattarollo survenu le mercredi 18 juin 2014 à Buenos-Aires.

Depuis sa nomination comme Directeur exécutif adjoint de la MICIVIH en 1996 jusqu’à celle d’Ambassadeur et Représentant Spécial du Secrétariat Technique de l’Union des pays Sud-Américains, il aura passé huit ans de sa vie à aider Haïti à jeter les bases de sa démocratie naissante.

Sa vie a été entièrement consacrée à la défense et à la promotion des droits humains. Son engagement envers cette cause lui avait valu le titre de Guerillero des Droits Humains. Exilé en France, suite à son appui aux opposants de la dictature en Argentine, il occupa par la suite le poste de chef de la section des droits de l’Homme en Sierra Leone, puis celui de Sous–Secrétaire d’État aux Droits de l’Homme sous le gouvernement de Nestor Kirschner.
Journaliste chevronné, avocat accompli, poète à ces heures, Mattarollo fit du domaine des droits de l’homme son cheval de bataille et s’appliqua à en défendre les principes partout où les Nations Unies ou les autorités compétentes de son pays l’envoyaient en mission. Indigné par les nombreux cas de violation des droits de la personne qui se commettaient à travers le monde, il a toujours pris position pour le droit et s’appliqua tant par ses écrits que par son comportement à en faire saisir le caractère sacré. Il s’est particulièrement soulevé contre l’impunité dont il a souligné le danger pour un pays comme Haïti : « C’est toute la logique sociale de construction d’un monde de respect de l’ordre et des droits d’autrui qui s’écroule si nous pensons que l’impunité peut régner partout, et que l’oubli est meilleur que la conscience de ce qui s’est passé »

Durant son exil politique en France au cours de la période de la dictature militaire en Argentine, Rodolfo Mattarollo a milité, de 1976 à 1983, au sein de la Commission argentine des Droits Humains (CADHU) dont il fut l’un des membres fondateurs. De 1982 à 1984, il fut responsable de la division Afrique subsaharienne de l’Office Français pour la Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA). Il fut par la suite membre de la Mission Observatoire des Nations Unies au Salvador (1991-1992).

Parallèlement, l’Ambassadeur a eu une carrière universitaire. Il fut professeur de droit international public à la Faculté de Droit de l’Université Nationale de Lomas de zamora et à l’Institut d’Intégration Latino-américaine de l’Université Nationale de La Plata. Il fut aussi professeur invité à l’Université Paris 5 – René Descartes.

C’est en découvrant la sensibilité de l’auteur à travers son œuvre littéraire qu’on saisit la sincérité de sa démarche et la profondeur de son combat. L’énergie qu’il s’est mis à défendre entre autres, le droit à la vie garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme et tous les autres traités ou conventions qui en découlent, est à la mesure des souffrances qu’il a endurées quand ces droits ont été foulés au pied par la dictature qui avait fait disparaitre nombre de ses amis dont son compagnon de lutte et de poésie Miguel Angel Bustos. Quelques titres glanés de son œuvre suffisent pour nous convaincre qu’il n’avait qu’une préoccupation : les droits de l’homme.

L’ambassadeur Mattarollo aimait profondément Haïti. Il a été un mentor attentionné à chacun de nos pas dans l’édification de l’État de droit que l’Administration Martelly et le gouvernement Lamothe ont promis à la nation.

Au chapitre du renforcement institutionnel, il était là pour nous guider. Il a été un conseiller avisé pour le Bureau de la Ministre Déléguée aux Droits de l’homme et de la lutte contre l’extrême pauvreté tout au début de la mise en place des mécanismes des Droits humains pour construire cette démocratie exemplaire à laquelle aspire le peuple tout entier.

Le 14 février de cette année, lors de l’allocution prononcée pour lui rendre hommage à la cérémonie d’adieu que lui offrait l’Ambassade d’Argentine, nous lui souhaitions au revoir plutôt qu’adieu, convaincu qu’il aurait à revenir parmi nous, pour se réjouir de nos avancées sur le chemin qui mène à l’État de droit et qu’il nous avait aidés à tracer. Il ne reviendra pas cependant voir pousser l’arbre de la démocratie que son expertise et son dévouement nous avaient aidés à planter. Le peuple haïtien lui en sera éternellement reconnaissant.

Il eut à conclure une entrevue qu’il avait accordée après la parution de son livre « Rien n’a été vain », par ces mots que nous nous donnons le temps de reproduire :
« En guise de message final, je parlerai de la nécessaire quête d’un consensus. Si nous pouvons jouer un rôle pour accompagner Haïti dans la quête d’un consensus, dans un grand accord national, je crois que cela constituerait l’issue à bon nombre de conflits et de faiblesses en Haïti. Un consensus pas seulement entre les partis politiques, mais aussi avec tous les secteurs relevant, la diaspora, les ONG, les Églises… Ce consensus retrouvé, c’est un rêve… mais Haïti a toujours rêvé, alors permettez-moi de finir avec un rêve! »

Le Bureau prend donc l’engagement de tout mettre en œuvre pour faire de ce rêve une réalité et aider à construire cet état de droit pour lequel il s’est tellement investi.

Le Bureau de la Ministre Déléguée s’incline devant la dépouille de cet éminent professeur et défenseur des droits humains tout en souhaitant ses condoléances à sa famille et à l’UNASUR.

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