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Super Tuesday : le « come-back » de Joe Bide 

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Washington ! Mardi 3 mars 2020.-
Par Le Point

Joe Biden a fait mardi une remontée extraordinaire dans la course à l’investiture, raflant 9 États. Mais Bernie Sanders a remporté le gros lot : la Californie.
Incroyable « come-back » pour Joe Biden. L’ancien vice-président a signé un retour flamboyant au bon moment : la nuit du Super Tuesday. Texas, Virginie, Caroline du Nord, Alabama, Tennessee, Arkansas…, il a emporté 9 États mardi soir, loin devant l’ancien favori, Bernie Sanders. « C’est une bonne soirée », a déclaré l’ex-vice-président lors d’un meeting à Los Angeles. « Et il semble qu’elle promette d’être encore meilleure. »
Mais Bernie Sanders n’a pas dit son dernier mot : il s’adjuge le plus gros lot, la Californie, qui a le plus grand nombre de délégués. À part le Vermont, son État, il a aussi remporté deux autres États de l’Ouest : l’Utah et le Colorado.
C’est une extraordinaire résurrection pour Joe Biden qu’on disait il y a à peine une semaine moribond après de mauvais résultats dans les premiers scrutins. Mais sa victoire massive en Caroline du Sud samedi l’a propulsé. Il a ensuite profité du retrait surprise juste avant le Super Tuesday de ses deux rivaux modérés, Amy Klobuchar, la sénatrice du Minnesota, et Pete Buttigieg, l’ex-maire de South Bend. Ce coup de théâtre de dernière minute lui a permis de consolider les voix centristes et d’éviter le scénario de 2016. Les républicains modérés ont été incapables de s’unir avant le Super Tuesday, faisant ainsi le jeu de Donald Trump.
La course à l’investiture s’est donc transformée en un duel de septuagénaires (Bernie Sanders a 78 ans et Joe Biden en a 77) à la philosophie diamétralement opposée. À gauche, Bernie Sanders, le candidat socialiste qui appelle à la « révolution politique » et à droite, Joe Biden le centriste, qui prône plutôt « une restauration » de l’ère Obama. Mais c’est aussi une bataille entre l’aile gauche et l’aile modérée du parti, entre les États de l’Ouest, plus progressistes, et la Côte Est, entre les Latinos et les jeunes pro-Sanders d’un côté et les séniors et Afro-Américains pro-Biden de l’autre… Une bataille, c’est sûr, qui risque d’aggraver les fractures du parti.
Il est trop tôt pour savoir qui sera le vainqueur. Il y a 1 300 délégués alloués lors du Super Tuesday, un tiers du nombre total. Au Texas, selon les médias américains, c’est encore Biden qui l’emporte. Avec 228 délégués dans cet État il va pouvoir rattraper une partie de son retard sur son rival. Le système d’allocation se fait en effet à la proportionnelle et tout candidat qui dépasse le seuil des 15 % du vote obtient des délégués.
Quant à la Californie, la victoire de Bernie Sanders a été annoncée dès la fermeture des bureaux de vote, ce qui laisse entendre une grosse avance sur ses concurrents. Mais il faudra plusieurs heures, voire des jours, avant d’avoir les résultats complets. C’est un grand État, les électeurs peuvent voter par correspondance jusqu’à minuit le jour du scrutin et apparemment, il y a eu des problèmes avec des machines à voter et de longues queues.
En attendant, l’establishment du parti doit pousser un soupir de soulagement. Il a ainsi au moins réussi à ralentir la progression de Bernie Sanders. Pour beaucoup de démocrates convaincus qu’une élection se gagne au centre, le sénateur du Vermont est trop à gauche. Joe Biden a bénéficié de l’appui des électeurs modérés notamment dans les banlieues des grandes villes, dont beaucoup se sont décidés au dernier moment, et des Noirs. Les sondages montrent que près de la moitié des électeurs en Virginie ont fait leur choix dans les derniers jours. Les Afro-Américains, qui représentent la moitié de l’électorat démocrate en Alabama et un électeur sur trois en Caroline du Nord, ont voté massivement pour lui. Il a aussi attiré les électeurs dont la priorité est de battre Trump.
La remontée de Biden est d’autant plus extraordinaire qu’il avait mis le paquet sur la Caroline du Sud et a très peu investi en infrastructure de campagne et en publicités dans les 14 États suivants, par rapport à Sanders ou surtout Bloomberg. Par exemple, dans le Massachusetts, il n’a pas dépensé un centime en spots télévisés, mais il a vaincu Warren sur ses terres et Sanders qui vient de l’État d’à côté.
« Ce soir, je peux vous dire avec une confiance totale que nous allons remporter l’investiture démocrate et que nous allons vaincre le président le plus dangereux de l’Histoire », a clamé Bernie Sanders hier devant ses supporteurs. Certes, il s’est imposé en Californie, une revanche par rapport à 2016 où il avait perdu de 7 points contre Hillary Clinton. Mais les choses ne se sont pas passées ailleurs tout à fait comme il l’avait anticipé. Il s’est incliné dans le Massachusetts et le Minnesota, des États où il était favori. Et même dans le Vermont, son État, où il avait gagné avec 86 % des voix en 2016, il n’a obtenu que 50 % des voix. Cela signifie qu’il n’a pas réussi à rassembler la vaste coalition de jeunes, de Latinos, d’Américains qui ne votent pas, dont il rêvait. Au Texas, par exemple, le nombre de moins de 30 ans qui se sont déplacés aux urnes a diminué par rapport à 2016. Plus embêtant, dans les États où il est le mieux placé, plusieurs candidats ont atteint les 15 % ce qui veut dire qu’il va devoir partager le nombre de délégués.

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