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La RNH paralysée, aucun dénouement en vue 

Plombée par une crise à l’issue incertaine depuis plus d’une semaine, la Radio nationale d’Haïti (RNH) semble être désormais prise entre le marteau et l’enclume avec la promotion du Dr Harrisson Ernest au poste de directeur général. Ce dernier, en lieu et place de sérieuses négociations avec les différents protagonistes, tente de rallier à sa cause certains des chefs de file du mouvement de protestation.

 

A l’impasse Orchidée, Delmas 65, toujours calme comme d’habitude, quelques employés de la RNH s’attroupent. Entre une muraille truffée de graffitis et la façade peinte en rose du bâtiment de la radio, ils se perdent dans des conversations « mondaines ». « Aba Harrisson bandi reyaksyonè ! », « Harrisson paka dirije », ces slogans, pour le moins acides, griffonnés sur les clôtures d’alentour, laissent soudainement comprendre que le média d’Etat, vieil de plus de 35 ans, est traversé par une crise. A quelques mètres, une patrouille de la police s’immobilise. En vue de contrer tout éventuel dérapage, des agents de l’UDMO sont aux aguets dans cette rue où environ 60 employés de la RNH ont craché leur colère contre Harrisson Ernest, accusé, entre autres, de « conflictuel », « d’harcèlement sexuel », de « corruption », il y a une semaine. « L’on assiste à une exacerbation de la crise », lâche André-Marc Odigé, directeur à l’information à la RNH, l’un des chefs de file du mouvement de protestation qui vient d’essuyer un « camouflet » avec la promotion du Dr Harrisson Ernest au poste de directeur général. « Deux des sept directeurs de section qui avaient dénoncé le comportement répréhensible du Dr Harrisson Ernest l’avaient rencontré hier sans l’avis des autres », déclare Odigé, qui roule sa bosse depuis des années à la RNH. La nouvelle posture adoptée par ces deux protestataires est-elle assimilable à une défection ? La réponse d’André-Marc Odigé fuse comme l’éclair : « Que le public interprète leur attitude ! » La crise qui mine le média d’État depuis bientôt deux semaines semble complexe. Dans un tel schéma, un dialogue entre les différents protagonistes paraît la voie royale à emprunter pour y trouver une solution négociée. « Certains des employés sont pour le dialogue et d’autres ne le sont pas », ajoute Odigé, qui croit dur comme fer qu’il faut l’arbitrage d’une haute autorité de l’État pour discuter avec Harrisson Ernest. Le directeur général, Harrisson Ernest, semble avoir, pour sa part, trouvé une façon propre à lui seul d’aborder la crise. Dans la foulée d’une rencontre qu’il a eue hier avec deux des chefs de file du mouvement de protestation, il a invité les employés à reprendre le chemin du travail, via un message posté sur sa page facebook. « Une commission de restructuration et un comité d’intronisation ont été à cet effet mis en place », a ajouté le médecin, qui a abandonné sa blouse pour devenir journaliste. « Nous dénonçons ces mesures unilatérales qui ne font qu’empirer la situation », rétorque André-Marc Odigé, sans faire l’économie de souligner que le directeur général est trop « conflictuel et qu’il est incapable de diriger la radio ». Appelant le directeur général à respecter les règlements internes de la radio, André-Marc Odigé estime que la programmation de celle-ci est grandement affectée par la crise. « La RNH est désormais une radio en ondes mais qui ne fonctionne pas », ironise-t-il, très remonté contre les agissements du médecin qui a fait de « Fanatikayiti.org, son entreprise personnelle, le site d’écoute de la radio alors que cette dernière disposait dans le temps de son propre site ».

Juno Jean Baptiste 

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