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Brésil: la présidente Rousseff menacée d’être lâchée par son allié centriste 

Photo DR Brésil 2

Brasilia ! Samedi 12 Mars 2016.-

Par AFP

Le parti centriste brésilien PMDB, poids lourd de la coalition au pouvoir, s’est donné samedi 30 jours pour décider d’un éventuel divorce avec la présidente de gauche Dilma Rousseff, menacée par une procédure parlementaire de destitution.

Le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), allié incontournable du Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir depuis 2003, a acté cette décision lors de son congrès national à Brasilia, à la veille de manifestations convoquées dans tout le pays par l’opposition pour réclamer “le départ du gouvernement corrompu de Dilma Rousseff”.

“Le gouvernement a pris de mauvaises décisions. Il est en train de couler et le PMDB ne peut couler avec lui. Nous nous sommes donné un délai de 30 jours pour trouver la meilleure issue”, a déclaré à l’AFP le député du PMDB Osmar Terra, partisan de la rupture avec le gouvernement.

“Le PT et le gouvernement sont finis. Dilma a perdu le contrôle du pays. Plus personne ne croit en ce qu’elle dit. Elle n’est plus en condition d’unir qui que ce soit ni de fixer un cap à l’économie” brésilienne en pleine récession, a ajouté ce député.

Les délégués centristes ont voté une motion interdisant au membres du parti d’accepter de nouveaux ministères au sein du gouvernement dans ce délai, alors que le PMDB, déjà aux commandes de sept ministères, devait hériter la semaine prochaine de celui de l’Aviation civile.

Le PMDB a réélu à sa tête pour quatre ans le vice-président brésilien Michel Temer, qui assumerait le pouvoir jusqu’aux élections générales de 2018 en cas de destitution de Mme Rousseff.

Le congrès a débuté dans une ambiance hostile à la présidente. “Dehors Dilma, sortie du gouvernement maintenant”, ont crié de nombreux participants après les discours.

Profondément divisé entre partisans de la rupture et légalistes favorables au maintien du pacte de coalition, le PMDB est la première force parlementaire du Brésil.

Il compte 65 députés sur 513 et 18 sénateurs sur 81, dont le président de l’Assemblée Eduardo Cunha, farouche adversaire de Dilma Rousseff, et le président du Sénat Renan Calheiros, plus proche de la présidente.

Tous deux sont menacés par l’enquête sur le tentaculaire scandale de corruption Pétrobras, qui a également rattrapé il y a une semaine l’ancien président Lula (2003-2010), prédécesseur et mentor de Dilma Rousseff, accentuant la crise politique majeure que travers le géant émergent d’Amérique latine.

Le vice-président Michel Temer, s’est efforcé de calmer les ardeurs de ses troupes, se posant en rassembleur.

“Nous ne pouvons ignorer que le pays traverse une crise politique et économique gravissime. Mais ce n’est pas le moment d’échauffer les esprits, de diviser les Brésiliens et d’élever des murs. C’est l’heure de construire des ponts (…) pour récupérer les valeurs de notre République et retrouver la voie du développement économique et social”, a-t-il déclaré.

L’ex-guérillera torturée sous la dictature est visée depuis début décembre par une procédure parlementaire d’impeachment. L’opposition l’accuse d’avoir délibérément maquillé les comptes publics de l’Etat en 2014, pour minimiser l’ampleur des déficits et se favoriser sa réélection.

Cette procédure a été freinée par le Tribunal suprême fédéral. Mais elle devrait rebondir dès la semaine prochaine, quand la haute juridiction aura fixé définitivement les règles de son cheminement, mercredi.

Les deux tiers des votes des députés (342 sur 512) seraient nécessaires pour que la procédure se poursuive au Sénat qui devrait également recueillir un vote des deux tiers (54 sur 81) pour destituer la présidente.

L’opposition de droite mise sur l’onde de choc provoquée par les soupçons de malversations pesant sur Lula, pour mobiliser ses partisans dimanche dans les rues.

Une participation massive fragiliserait un peu plus la présidente en faisant pression sur les parlementaires qui hésitent encore à voter pour la destitution de Mme Rousseff.

Plus de 400 manifestations sont convoquées dans tout le pays. La plus grande est prévue dans la capitale économique Sao Paulo, fief de l’opposition, où sont attendues jusqu’à un million de personnes selon les autorités.

Dilma Rousseff avait pris vendredi les devant de ce weekend périlleux en affirmant n’avoir “aucune intention de démissionner” et en invitant Lula, l’icône de la gauche brésilienne, à rejoindre son gouvernement.

 

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